Pisse
         Pis monte
                           Pis couche!

 

        En fin de journée, dans notre rue, s’opérait un miracle quotidien.  C’était le temps du présent, au mode impératif.  Le futur était du passé.  On entendait à l’autre bout du champ d’Ulysse Bouchard une étrange incantation.

    - Queue vache, queue, queue, queuuuuue…

        Et c’était comme ça à tous les soirs. À peu près vers la même heure, en effet, au cricri des grillons, succédaient d’autres cris :

    - Ooooon souuuuupe!
    - Souuupeeeeeer……
    - V’nez vous-en souper, les enfants…
    - Yvon, tit-Guy, v’nez manger!

        Alors d’étranges petits animaux, des Néron, des Brisson, des Juneau, des Fortin, des Tremblay, des Collard, les uns à plumes, les autres à poils, casqués, armés, déguisés, rappliquaient de la savane, s’exhumaient d’un terrier, émergeaient d’une talle d’aulnes, répondant au chœur des mères soupières - et de leur estomac - pour s’attabler en rang d’oignons autour des douze bols de soupe déjà trempés.

    - Encore des patates fricassées, je suppose! maugréait Hélène.
    - Encore de la soupe…!  soupirait l’enfant-martyr, celui qui refusait d’en manger rien que pour grandir.

        Mais comme à tous les soirs, une voix s’élevait alors, pédagogique, imposante, enterrant nos bousculades de chaises et nos esclandres de brouillons d’adultes pour couper, au ras le sifflet, toute ombre de mutinerie verbale et muette.  La voix appuyait bien sur les quatre premières syllabes pour faire vibrer tous les petits cœurs à l’unisson :

    -  BÉNISSEZ-NOUS, mon Dieu, pour la nourriture que nous allons prendre…

    Et le chœur des anges entonnait le reste du Benedicite sans mots gréer.  Puis, l’œil en biais vers le petit martyr, la voix zipait ainsi le silence:

    - Pis pas de soupe, pas de dessert!

        Le repas était vite avalé, sauf pour le dissident déjà prisonnier des mots que sa cuiller formait au fond de sa soupe à l’alphabet.  L’appel des mots déjà…  Il tassait d’abord autour du bol les gros morceaux de tomate visqueux et luisants comme des yeux de ouaouarons et alignait en rangée de fantassins les petites lettres blanches.  Des mots déjà lourds de sens dont il ignorait la signification, bien sûr : Ditature…  libeté… Il manquait des lettres, oui.  Des fautes de l’enfance… Il en manque toujours dans une soupe, saviez pas ça?  On échange ses C et ses R contre de beaux T bien droits, comme le poteau électrique en avant de la maison.  On s’en fait voler aussi...

        Mais on finissait toujours par l’avoir à l’usure, le petit martyr.  Il réussissait à ravaler tous ses mots et le bouillon qui allait avec, on le créditait des tomates qui restaient, celles qu’il n’avait pas réussi à faire disparaître sous la table en les donnant à Princesse, la chienne.  Il enfilait quelques morceaux de patate, reluquait, mais pour y renoncer à regret, vers les galettes de mélasse.  Et c’est en se fouettant le derrière du cheval qu’il s’élançait vers la porte pour le dernier jeu de la journée.

        Alors succédait l’autre miracle, dehors, celui-là.  C’était le moment, juste après 6 heures, où les descendants des Apaches et des Commanches de la rue s’attroupaient autour d’une maison,  généralement la nôtre, pour s’entre-tuer le temps de quelques jeux.  C’était vite décidé à savoir si on allait jouer au drapeau, à la cachette, à la canisse, au ballon prisonnier ou au ballon coups de pieds.  Le temps pressait. Nous savions tous que notre petite vie d’enfant-jeux allait se terminer par une autre phrase célèbre et toute aussi rassemblante.

        Généralement, le soir, on évitait les drames du jours, trop élaborés, qui demandaient de la mise en scène, de la suite … et qui exigeaient un certain partage des tâches et une longue négociation sur les rôles. Jean-Yves Néron et Gaétan Fortin n’acceptaient pas toujours les jobs de perdants et des massacrés.  Ils voulaient faire Kit Carson et El Torro, eux aussi!  Ils ne jouaient pas le comte de Monte Christo, Robin des Bois ou le dernier des Mohicans avec notre brio, mais une phrase-marteau, une autre – nous ne le savions pas encore - avait le pouvoir de nous exercer tout jeunes à la sociale-démocratie et au partage des victoires :

    -  Ben, j’joue pus d’abord….

        Il n’y avait donc pas que le chœur des mères à connaître le pouvoir des phrases.  Le territoire miné de notre enfance a été marqué par les urines de ces phrases-fétiches. Tenez, si vous êtes un peu patients, quelques lignes plus bas, l’une d’elles, plus retentissante encore, une phrase-signet dans un missel ou sur un site d’Internet celle-là, retentira dans les couloirs de votre mémoire d’enfants passés date.  Au lac St-Jean, le soir, quand le soleil décline à l’horizon, des gens tout à fait crédibles assurent l’entendre encore…

        Une image pour mieux l’introduire…  Nous, les amis de Rin-tin-tin, ne sommes jamais allés à Marrakech ou à Agadir.  Et nous n’avons jamais entendu s’élever dans le soir rougeoyant la voix sinueuse et vibrante du crieur invitant les fidèles islamiques à se recueillir.  Nous n’avons jamais vu les grands minarets d’où part l’appel à la prière ni les petits enfants marocains, iraniens, égyptiens ou palestiniens quitter brusquement la cacophonie de leurs jeux pour devenir des petites bouses de vache rondes et froissées toutes tournées vers La Mecque afin de prier Allah.   Mais, l’intuition était là que, partout dans le monde, là où il y avait des enfants, il y avait aussi des mamans et des moments dans la journée où les unes se mettaient à crier après les uns, que les portes se mettaient à s’ouvrir et à se refermer, les rires à fuser puis à s’éteindre au bout d’un son bref et sec.

        Encore une voix donc, une voix de mère-chercheuse, à tête porteuse, qui dominait complètement le tonnerre de nos jeux les plus bruyants :

    - Les enfaaaannts, v’nez vous laveeeer làààààà!

        Une phrase  éteignoir de journée, qui zappait sur le canal famille tous les petits rejetons de la même tribu et qui vous les alignait à la file indienne près de l’évier de la cuisine.  Là, une débarbouillette s’en emparait, les grimpait sur le comptoir et vous leur décapait le tour du nez, en deux claques et trois coups de main.

        Plus tard, après l’âge de la débarbouillette, à quelques heures des premières rondeurs et des premiers sacres, c’était la même voix, mais une autre phrase, avec des lettres majuscules toutes carrées et d’énormes points d’exclamation qui ne la quittaient jamais. Une phrase magique, sacrée, absolue, absolutiste, absolument incontournable, comme le Coran et son crieur en haut de la mosquée, et qui avait le don d’aplanir toutes les différences d’âge et de goûts, et de faire chanter à l’unisson tout le choeur des petits Collard :

    - VITE LE CHAPELET, QU’ON EN FINISSE!!!!

        Alors se déroulait le dernier miracle de la journée :  une maison se mettait à marmonner, des dossiers de chaises à baragouiner. À ânonner un escalier  décoré de petits corps subitement écrasés de fatigue :

    - Je vous salue, Marie,  pleine de grâce, le Seigneur ….

        Il s’agit ici d’une traduction libre, il va sans dire.  Rien à voir vraiment avec ce qu’une retranscription fidèle des sons aurait pu donner. Si une langue est un ensemble de bruits de bouche qu’un groupe, l’utilisant, peut décoder, alors le chapelet était une langue,    Une autre hypothèse est à considérer cependant :  c’est possible que les petits héros se privaient de prier trop fort parce que, les fenêtres étant ouvertes, les voisins auraient pu les entendre, et plus personne n’aurait voulu faire les Indiens le lendemain.

        Mais étions-nous bien conscients de toutes ces nuances?!  Finalement, c’était donc une phrase-clé  qui fermait la journée à double tour:  fini, le jouage, et au lit tout le monde.  La journée est finie n-ninie.  Aussi, avant même que le dernier “ Ainsi soit-il ” ne soit prononcé, juste avant le signe de croix qui terminait le chapelet, nous étions tous crucifiés, le nez au plafond, chacun à notre bord de lit, par le phrase-point final :

    - Bon ben là, pisse pis monte pis couche
 
 
 

Raynald
 
 
 
 


 


 



 

               Duperré le shérif
 

        Qu'est ce que vous voulez, on commençait à " chauffer " le vieux Dodge 48 dès qu'on pouvait atteindre la "clutch " du bout de notre botte.  Et encore là, ce qui dépassait au-dessus du siège, ça ne méritait peut-être pas tout à fait de se faire appeler un chauffeur, ça…  C’était tout au plus un toupet avec une ou deux rides de front qui faisait bouger un volant avec des mains invisibles en se guidant sur la tête des arbres !

        Toujours est-il qu'un bon soir, en revenant des bleuets au " bouliot ", les gars, Gaby (au volant) et Gilles en avant, aperçoivent ti pas au loin dans le soir qui penche une lueur de soleil dansant comme un ostensoir dans un winshire de char.

    - Qui est-ce qui peut ben se promener à c’t’heure-là dans les beluets ? lance Gilles, inquiet,
      qui, traumatisé de l’expérience, se mettra plus tard à conduire les autobus de reculons.
    - Ce serait-ti pas Duperré, ça par hasard ? relance Gaby, qui, lui, plutôt penchera plus tard
      pour conduire d’avant les hôpitaux et les centres d’accueil.  Chacun ses goûts, me
      direz-vous.

        Voyez-vous, Duperré, c’était la PP, la Police provinciale, le vil shérif, l’empêcheur de ramasser des bleuets pour payer ses petits cartables et ses petits crayons pour aller à l’école en septembre.   Il arrêtait les bons (les enfants) et récompensait les méchants (toujours des adultes). Disons que, si vous voulez une image forte pour vous le représenter, le shérif de Nottingham pourrait faire l’affaire.

        Or voici que le vieux Dodge, pour une raison qu’on n’arrive pas encore à expliquer, même aujourd’hui avec tout not’savoir, accepta ce jour-là de breaker.  Breaker, oui !  Dans la boîte du pickup dodelinant son petit bonhomme de chemin vers la maison, le gentil chahut, qui accompagnait habituellement chaque bosse du chemin et chaque changement de vitesse, changea très abruptement d’échelle à l’échelle de Richter.  En effet sept éléments bien connus et très appréciés des ramasseurs de bleuets venaient en un dixième de seconde de connaître une rapide permutation des places.

        D’abord à votre droite, pesant pas plus de deux boîtes de bleuets chacune, deux ramasseux, deux petites choses toutes chaudes et bien vivantes, qui n’avaient pas demandé à naître, ni à n’être là.  Deux enfants se tirant une langue bleue d’avoir mangé plus de bleuets qu’ils n’en avaient ramassés, deux êtres attachants qu’on lave encore à la débarbouillette à l’évier de la cuisine le soir, venaient d’effectuer une olympique roulade arrière jusqu’à en avant du camion: Mesdames et Messieurs, cul par dessus tête, Claude et Raynald.

        A votre gauche, mais en même temps sur votre droite, pesant chacune son poids bien standard, cinq belles boîtes de bleuets, Mesdames et Messieurs,  bien tassés les bleuets, bien propres, pas une feuille et pas un blanc là-dedans.  De belles boîtes de bois, les coins bien aiguisés, accourues toutes seules, sans qu’on le leur demande,  pour  s’empiler avec patate pis pissaude dans le coin des ridelles d’en avant elles z’aussi.

    - On vire de bord, lancent les deux grands en avant.
    - !?!!?!, gémissent les deux petits mourons en arrière.

        Ça fait longtemps qu'il veut nous attraper, dit la voix grêle de notre inquiétude,  et quelqu'un a dû nous rapporter.  Il a beau être à plus de 2 kilomètres de nous, on sait que c'est lui.  On n'a pas de permis, pas d’immatriculation, pas l'âge, pas la taille, pas le droit!  Que nos huit petits poignets pour recevoir les gros bracelets des méchants.  Ça va en prison, ces criminels-là.

    - Y nous attrapera pas, juré, foi de Collard, crie un des Collard.  (Lequel???)

        Les pneus crissent (juste eux qui avaient droit de dire ça !) et la transmission aussi (elle aussi avait le droit,  elle avait eu la permission de papa le mécanicien qui veillait à ne pas trop y mettre de l’huile neuve, pour qu’elle chante haut et fort).  Donc, suivons bien le mouvement :  Gaby rebrousse chemin.  Il n'y a qu'une issue possible : se sauver par la « grand ligne », le vieux tracé de chemin de fer, puis le rang 7 jusqu'au village.  On va le posséder, c’est certain.  Impossible qu'y nous suive dans ce chemin-là.

        Maman, n’écoute pas la suite. « Impossible »  Attends, on te trouve des synonymes plus acceptables.  « Irréalisable, utopique, invraisemblable, histoires de pêcheurs ? »  Y a des mots comme ça qui sont impuissants à traduire la réalité.  C’est probablement les mots qu’elles auraient pu dire si elles avaient été plus grandes pour dire de belles choses avec de grands yeux de tartes aux bleuets et des petits mots de pètes de soeurs, les deux petites boules vivantes, cognées, rossées, dardées, secouées, qui essayaient de suivre, de survivre, de s’accrocher, de conserver en vie pour le bonus final leurs petites vies d’enfants dans la vieille machine à boules 1948 détraquée, qui virait à gauche puis à droite, puis encore à gauche, puis encore… bis et vice versa, puis re-bis et versa vice, qui sautait sur la crête des bosses, brinquebalait, s’escrimait avec les aulnes, passant si près des cyprès que les tôles imitaient les pneus et la transmission dans leurs vilains mots.  Essoufflant à raconter ?  Essoufflant à vivre, vous voulez dire!

        Sauvait qui pouvait donc.  Et nous pûmes, maman !  Nous pûmes, Mesdames et Messieurs, car y avait plus de Duperré rendus au 7!

        Mais…  Pas trop vite.  Pas fous les gars, depuis qu’on avait la T.V….  Y doit bien se cacher en quelque part dans le village pour nous pogner.  On attendra donc un bon bout de temps à la sortie du tracé du chemin de fer : y va avoir faim (lui aussi ! ! !) et il repartira pour St-Cœur-de-Marie.

        Une bonne heure plus tard, affamés et affublés de notre auréole de gloire et de maringuoins, prudemment, on prend la route du 7, six yeux furetant à l'affût du moindre petit policier… (Ils sont quatre, avez-vous dit, ça voudrait dire huit yeux.  C’est que les deux petites choses en arrière en avaient chacun un au beurre noir, ne l’avait-on pas dit ?)  Aucune lueur au coin du 7, en face de chez les Renaud.  Aucune dans la grande route, donc pas de problème.  Mais attention, évitons quand même la rue principale…

        On arrive enfin à la maison.  Ouf !  Pas de shérif !   On a gagné la partie.  Les deux grands d’en avant descendent en claquant de la portière et du talon, une étrange lueur au coin de l’oeil et un cure-dents à celui (le coin) des lèvres.  (Ici on pourrait entendre la plainte douleureuse d’une harmonica …)

    - Kit Carson, y est-ti commencé, M’man ?
    - Nous, on veut écouter Rin-tin-tin,  bêlent les deux petites choses à l’arrière.
 

   FIN

Avis aux lecteurs.  On ne saura cependant jamais si c'est de la fabulation, tout ça, notre imagination ou la réalité,  mais sachez qu’on ne s'est jamais fait arrêter ni eu aucun accident pendant ces longues années.  Maman pourrait raconter de son côté toutes les inquiétudes vécues par cette nécessité,  mais que voulez-vous, elle, elle faisait simplement son travail d’accouchée permanente. Et nous, notre travail de cowboys!
 

Claude et Raynald!
 
 
 


 
 

             De Tin Tin au Tibet...
                        ...à Manfleur à la cabane à sucre
 

        L’hiver avait changé ses pneus bien plus tôt que prévu. Les corneilles étaient aussi rares que les hirondelles à faire mentir le proverbe.  Et il était clair que les érables de la pointe au Platon n’attendraient pas le printemps du calendrier pour couler.   Le fleuve en bas égrenait déjà ses fragments de glaces. Comme en avril.   Le doux temps avait passé pour un accident d’El Nino dès les premiers jours de l’an en déguisant tout le sud de la province en verroterie de cristal tordu.  Mais El Nino avait prolongé le plaisir :  les Californiens regardaient leurs divans dévaler les ruisseaux boueux, les Floridiens se promenaient en roulottes décapotables et les Québécois se découvraient une passion pour un nouvel art :   les expositions-nature de pylônes écrasés.

        Pour tout dire, et en plus simple, Jacinthe venait de faire l’acquisition, avec des amis, d’une érablière à Ste-Croix de Lotbinière.  Et tout ce tra la la d’introduction pompeuse, c’était pour dérouler le tapis bleu (avec quelques taches de rouge) au clan des Collard, celui de Clément, qui s’étaient donné rendez-vous pour un week-end de bourdonnement autour des érables: l’entaillage.  Il faut dire que c’était le premier des tout nouveaux propriétaires du domaine, mais aussi le premier de cette installation « dernier cri » à tubulures et pompage a vide, soit un réseau tricoté serré de tuyauteries, un enchevêtrement inextricable de tubes transparents dont la fonction consisterait a vampiriser l’eau de milliers d’érables pour remplir l’estomac insatiable d’un monstre tentaculaire que nous appellerons ici l’évaporateur.

        Le mardi, Manfleur fut la première à se pointer le nez. Elle à bord, l’autobus arriva forcément en avance à la gare.  Ainsi commença une série d’anecdotes et de bons plats.  Il fallait être tout fin prêt à remplir les estomacs des autres monstres, à l’autre bout des tentacules, qui rentreraient affamés du champ quelques jours plus tard.

        Les jours suivirent, et dans la maison de Jas, où ça ne sentait déjà plus la cigarette depuis plusieurs jours, il y avait maintenant des arômes de tourtière du Lac (la vraie, pas une petite vite de la ville, puisque Manfleur avait même apporté la viande coupée par son boucher personnel de l’Ascension), de pâté de foie gras, de poulet, de ragoût de pattes de porc, de pâtés au poulet et de bonnes tartes aux pommes et aux poires.

        Pour se reposer - il faut se récompenser – c’était le cinéma le soir. Cette semaine-là, Manfleur fut sans aucun doute la plus grande cinéphile de tous les habitants de l’Ascension de N-S.   Elle devait même commettre un crime quelques jours plus tard,..  Un soir qu’elle était allée voir « Le destin de Will Hunting » avec Suroit et Jaspinthe, pour se sauver d’avoir à chercher sa carte de l’âge d’or dans sa sacoche et ainsi bénéficier d’un rabais, elle se peintura à 87 ans devant la pauvre petite caissière tout éberluée de la voir si jeune.  Pire encore, bien pire, elle fit passer Suroît pour son tchum, donc un membre de cette secte  grise!!!  Si vous l’aviez vue zieuter le préposé aux billets à l’entrée, juste pour voir si sa passe « passerait » inaperçue!  Décidément, Manfleur s’enfonce dans la fange de la délinquance…

        La veille du grand départ pour la cabane, arriva Claude, puis Marie et Alain. Là commença le party! Manfleur regarda ses rejetons un peu de travers durant la soirée car elle craignait que le lendemain ils aient perdu toute ardeur...  Claude fit quelques abus, entre autres de téléphones:  Brossard, Sherbrooke, Val Bélair. On lui refusa la France et la Californie!   Pauvre madame du Bell qui eut à régler avec lui un problème capital, très complexe de pitonnage, tout en voulant conserver ce client inconditionnel, cet ex-employé de Bell!!!

        Au matin de ce samedi, les uns puis les autres arrivèrent à la cabane. Les équipes se formèrent:  Jean et Raynald, Claude, Jas et Paul, Claire et Jacques. Pendant ce temps, Marie et Alain préparaient le repas de ces affamés qui rentreraient dîner.  Hélène, Réjean, Maxime et Jojo nous rejoignirent pour les cigares aux choux de Marie et d’Alain (un délice!).

        Les perceuses chantaient leur reel de chain saw, les maillets toc toquaient leur cliquetis de pic-bois.  Et pousse sur la chevillette que l’eau d’érable cheira.  Et de chaque arbre cheirerèrent en effet quelques larmes, que déjà la pieuvre tubulaire se faisaient de la panse, pensions-nous.  Et les équipes, telles les valeureuses cohortes de Gilles César, avançaient dans le champ à l’assaut des sylvestres barbares encore ignares des méthodes tubulaires.  Mesdames et Messieurs, s’il eut fallu en plus qu’on branchât Elvis dans cette débauche de déhanchements, alors là....!!  Ce fût tété le Rock and Roll des érables...  Et y a pas que les érables qui eussent tété zentaillés.   Même le plus imparfait des subjonctifs eut tété zimpuissant à exprimer pareil cafouillis.

        Tous rentrèrent donc éreintés, crampés, mais bien fiers de leur journée.  Il fallut même aller chercher Jean et Réjean (c’est pas un jeu de mots ni le début d’un chat…) qui n’avaient pas eu connaissance du « last call ».  Pis le fun repartit de plus bel.

        Gilles et Lisette, ceux qui ne réussissent jamais à se joindre aux chatteux du dimanche matin,  se joignirent cette fois-là … pour le souper.  C’est sans doute pour ça que la tourtière a été vite engloutie (Gilles :  trois fois!!!) car le chaudron a été lavé avec la vaisselle du souper.

        On en profita pour épousseter  les anniversaires de février (Jean et Jas) et de mettre la table à ceux de mars (Hélène et Marie).  Claude fernandgignaqua les jubilés de son increvable ma chère soin soin, c’est à ton tour de te laisser parler d’amour. Si vous voulez l’avoir pour votre anniversaire, réservez d’avance;  il est très en demande depuis qu’il peut sortir tu seul…

        Bien sûr, Manfleur n’allait pas se faire oublier comme ça. Déguisée tout naturellement en
«téteuse » de Paulice, elle se retrouva vêtue du gilet de la Sûreté du Québec. Celui de Paul la police qui, soit dit en passant, ne le passait jamais à personne. On comprend pourquoi elle ne se fait pas donner de tickets, elle!!!  Elle peut conduire en cowboy, elle!!!  Si elle se fait arrêter, ils lui pardonnent, à elle...

        Il y eut aussi la fameuse marche nuptiale qu’on entendait à tout bout d’champ et qui nous ramenait à chaque fois à Claire et à Jacques...  Cette fois ce serait eux qui se feraient tirer le chalumeau….

        En soirée, on eut droit à la tire sur la neige.   La gang des jeunes eut ben du fun à l’extérieur.   Faudra leur demander de quoi ils rigolèrent.  Mais ça se pourrait-tu qu’on le sache jamais?

        Quand Manfleur suggéra le couvre-feu, bizarrement il n’y eut presque pas d’objections.  Que de Gilles qui manifesta vaguement le désir de continuer:   le plein air avait fait son effet sur les autres; lui, ce n’est que le lendemain qu’il saurait ce que ça voulait dire….   Tout le monde se mit à préparer sa paillasse.  Les plus aguerris coucheraient sur le sol, les autres feraient hurler les balayeuses pour gonfler de somptueux matelas pneumatiques.  Puis le ronron polisson des ronflements à l’unisson s’étendit sur toute chose..  Et la lune bailla de gratitude.

        Vous dire que le travail se termina le dimanche matin dans des conditions faciles et agréables serait mentir.  En effet la pluie attendit le moment précis où la gang se dirigeait vers le bois pour se mettre à tomber.  Mais elle eut la délicatesse de s’arrêter au moment précis où la gang revenait à la cabane, trempée bord en bord… Gilles, qui n’avait jamais chaussé de raquettes de sa vie, fut bien « étrenné »...  Au début c’était mourant de le voir avec son puncho jaune dans les bois, sa misère à suivre Raynald (« J’goûte aux érables, qu’y disait, pour voir si c’est des vrais »).   On le qualifia même de fantôme à reculons (quand y attaquait une pente) ou sur le « restel » (quand y restait pris).  Il réussit nez en moins à garder le moral un bout de temps avec ses « jokes », mais à un moment donné, trop c’en était trop!!!!  La pluie, la neige trop lourde, de quoi lui enlever le goût de remettre des raquettes pour le restant de ses jours...  Il n’y aurait que le ragoût pour lui remonter les cheveux,  comme cela sembla être le cas pour d’autres, car les 90 boulettes disparurent complètement.  Même qu’on eut connaissance que Fris en eut quelques-unes de plus que les autres dans son assiette...

        Une salve d’applaudissement arrosa le travail de Marie et d’Alain, qui furent d’un très grand service cette fin de semaine :  on n’avait qu’à s’asseoir à table et on nous servait comme dans les meilleurs resto.  Et la vaisselle donc, croyez-le ou non, elle se faisait tu seule .

        Et tout comme Tin Tin quittant le Tibet au bras de Milou (!?) et sous les wouf wouf du professeur Tournesol, la conclusion reviendrait tout naturellement à Manfleur.  Les gars lui avaient promis qu’ils lui feraient entailler un arbre..  Promesse étant promise, il fallait donc qu’elle se réalise... Alors ce fut sous le feu des caméras, avec l’attention de tous les ceuses et les ceux présents que Manfleur entailla devant la cabane SON érable, qu’elle le fit pleurer littéralement (lui et tous les spectateurs) et à chaudes larmes, à part de ça...

        Une chose reste toutefois en suspens dans l’équipe de Claude, Paul et Maxime: ce dernier n’aura pas entaillé son érable tel que convenu. T’en fais pas Maxou, c’est partie remise, et il faudra se le rappeler la prochaine fois que tu viendras à la cabane.

       Tout le monde reprit donc la route vers son chez-soi. On avait presque entaillé tous les érables en un temps record, dans des conditions très difficiles de neige lourde et de pluie...  mais on s’est drôlement bien amusés toute la gang ensemble, et Manfleur n’a pas perdu sa place, surtout quand il y eut un retour sur le sujet du dernier chat:  le délit de fuite de Manfleur.   Alors là, ce fut vraiment hilarant.  On se bidonna royalement,  d’autant plus qu’elle se montrait tout à fait innocente de son aventure, ce qui la rend encore bien plus coupable à nos yeux… car elle trouve toujours au moins un homme pour lui arranger cela ...  Elle a du toupet.
 
 
 

Jacinthe et Raynald, 1998
 
 


 

Sauvé du naufrage !
Ou quand le chat sort du ...braillet...
Une histoire presque toute vraie, je le jure.

<suroit> Ici y fait fret...
<talut> …une petite croisière en bateau
<suroit> Pas par ce temps!
<talut> …sur le lac St-Jean…
<suroit> Oui?
<talut> Nous, on casse la glace.
<suroit> Avez-vous vos pelles?
<suroit> Et vos pics à glace?
<talut> non, mon pique.
<suroit> Vos sciotes pis vos crochets à billots?
<cathou1> allez, raconte nous, suroit.
<talut> T'es rendue où cathou
<suroit> Et ben, ça se passait dans le bout...
<suroit> ... de Pointe Taillon, si je me rappelle ben...
<suroit> ...
<talut> j'ai déjà été souvent par là.
<suroit> On m'écoute ou pas... ?
<talut> Ok.
<suroit> C'est joli, hein?
<suroit> Je parle de la Pointe.
<talut> Oui…
<suroit> ... je continue...
<talut> En passant par le lac????
<talut> …ou....par le chemin ?
<suroit> Mais tu écoutes aussi Cathou1.....Le nordet était à l'ancre devant le chalet...
<suroit> Y avait venté fort toute la nuit...
<cathou1> Tu allais par la pointe pour voir du nu, suroit ?
<cathou1> Hahahahah
<suroit> Chute, faut pas souffler dans les réponses...
<cathou1> Ok la ?)
<talut> Ils ont tous le même costume là-bas.
<suroit> Donc, le bateau avait tiré sur sa chaîne toute la nuit...
<suroit> J'adore ce costume, pas vous.
<talut> Hummmmm…
<suroit> C'est mon préféré sur le bateau.
<talut> Moi, dans ma maison…
<cathou1> Ouais !
<suroit> Ouais?
<talut> Loin au large ?
<suroit> Loin au large ou près de terre … quand le monde n'a pas ses yeux.
<suroit> Donc, le bateau avait ....   sur sa chaîne...
<suroit> Toc ! toc ! toc ! que J'entends-ti pas à la porte...
<suroit> Et pis des cris...
<suroit> ... et pis des cris...  Mais des cris…
<talut> Cé sûr.
<suroit> Mezzzen
<talut> Allez, continue.
<suroit> « Suroit, que j'entends  (toujours à travers la porte), ton bateau est parti à dérive..............................................................................……… ! ? !
<cathou1> Ah oui !
<talut> C’est qui ?
<suroit> Je rêve-tu là, que je me dis?
<talut> Mais t'é aps dessus.
<talut> Ok.
<cathou1> …et…
<suroit> Je rêve-tu là, que je me dis encore?
<suroit> « Non…. », me répond la voix à travers la porte... à qui je n’avais rien demandé.
<talut> Et encore une fois…
<suroit> « Non », me crie la voix à travers la porte... Mais on se répète là…
<suroit> Alors je mets mon braillet...
<suroit> Je dors toujours dans le costume de tantôt...
<talut> Dans ta braquette…
<suroit> Sans...
<cathou1> …et…
<talut> hummmmmmm
<suroit> ...et, comme Rin tin tin  à la demande  de Rhusti, je bondis sur la porte.....
<suroit>  Youououououououo suroit……
<suroit> Et encore un graaaaaand cri me répond...
<cathou1> hahahha
<suroit> Ayoye!!!!!!!!!!! Tabarnar....(Excusez-le)
<suroit> Je réussis à pousser une chose molle et toute grouillante et à ouvrir la porte...
<talut> La porte était ouverte !
<suroit> La chose, c’est un grand gars, écrasé par terre.  Y saigne du nez...
<talut> Un kleenex, s.v.p.
<suroit> Pourquoi?
<suroit> Ah oui ! le sang...
<suroit> ... mais non pas de kleenex...
<cathou1> hahaha
<talut> Nez qui saigne... ?
<suroit> ...pas le temps, Madame, pour jouer les infirmières, vous repasserez…
<suroit> …LE NAVIRE AVANT L’HÉMORRAGIE…  On est moderne ici !
<talut> ... avec sa manche alors ?
<talut> ...
<suroit> ...entre deux bêlements, il me fait signe...
<cathou1> donnes-y un coup dessus
<talut> Hein !
<suroit> ...entre deux bêlements, il me fait signe...(bon, je me corrige un peu, permettez?)
<talut> Wouais !
<cathou1> Ouf !
<suroit> Mezzzzen.
<suroit> .... il me fait un signe en direction de mon bateau...
<suroit> Là-bas… je vois en effet dériver en direction de la Pipe... mon mât blanc qui danse tout seul et, … plus bas – j’ai le cœur qui me serre encore - de vilains cailloux, pleins de convoitise, qui lui zieutent la fesse.
<suroit> Connaissez la Pipe... ?
<suroit> Cathou1 : aahahahah
<suroit> St Henri, les filles, suivez...
<cathou1> Quoi ?
<cathou1> Ayoye !
<cathou1> Pipe veut dire quoi, alors ?
<suroit> Mais St-Henri de Taillon, voyons. La Pipe, c'est le vieux nom qu’on donnait au village…
<talut> Pour fumer une pipe ?
<suroit> Saviez pas ça?
<cathou1> Ah ! faire une pipe !
<cathou1> Hahahhaha
<suroit> Ahhahahaha
<cathou1> Je ne savais pas ça.
<talut> Mais moi, j'allais sur la plage à côté…
<suroit> Tu ris fort, cathou1.
<suroit> Je t'entends d'ici...
<talut> Belley
<suroit> La Plage Belley, c’est un peu plus loin, je crois...
<cathou1> Moi, je connais Ste Guedoune beach (St-Gédéon)
<suroit> Ouais, zenfin...
<suroit> Non, St-Gédéon, c’est de l'autre côté de la décharge...
<suroit> Mais où est-ce qu’on est rendu là ?  Revenons à notre homme qui saigne...
<cathou1> Ok.
<suroit>  …et, si ça vous fait rien, n’en déplaise à votre cours de géo., à mon bateau qui dérive vers les écueils assassins...
<suroit> Que faire donc.  Comment faire?
<suroit> ???
<suroit> ..
<suroit> !
<suroit> (              ) voilà ce que je pense sur le moment...
<cathou1> On le sait pas...
<cathou1> ... mais tu vas nous le dire...
<cathou1> Alors ?
<cathou1> Ahah
<suroit> (Je sais pas... si...), … et je réfléchis encore, mais pas trop longtemps :  les cailles…  Juste comme ça : (   )
<talut> Continue ! ! !
<suroit> Bon, bon, bon, je vous le dis.
<suroit> Je cours... Je cours…  et je cours une troisième fois...
<suroit> Mes pieds fendent le sable de la plage...
<suroit> ... laissant des cratères géants dans le sable frais de l’heure matinale...
<suroit> (Impressionnant, non?)
<cathou1> Ouais !
<suroit> …et je cours encore...
<cathou1> Cours, oui, cours….
<suroit> ... pour arriver avant le nordet...
<suroit> C'est son nom...
<suroit> … et je cours….
<talut>  Arrête de courir, pis raconte !
<suroit> …et vous me croirez pas, mais j'arrive avant lui.
<suroit> Je suis très en forme, vous savez...
<suroit> Ouf ! je prends mon souffle...
<suroit> ...et je continue...
<suroit> Je continue ?
<suroit> Psitt !  Êtes-vous encore là?
<cathou1> Oui.
<cathou1> On t'écoute.
<suroit> Moi aussi!!!
<suroit> Alors en trois bonds, je grimpe sur la caille...
<suroit> ... de roches (vous l'aviez deviné?)
<suroit> Le Nordet approche...
<suroit> Le vent le pousse vers moi...
<suroit> Arriverai-je à le soustraire de la roche traîtresse?
<suroit> ???
<suroit> ...
<suroit> Psitt !  Êtes-vous encore là?
<talut> Mais bien sûr qu’on t’écoute! ! !  Vas-y, suroit !
<suroit> Moi aussi.
<suroit> Alors il arrive à moi... Sa petite poupe pulpeuse approche… (Essayez de prononcer ça sans bégayer, voir !)
<cathou1> Petpulppoupe.  Ayoye !
<suroit>  Il faut sauter à bord et démarrer avant qu’il ne touche...
<suroit> C’est simple… mauditement simple, non… Les roches, les vagues, le bateau qui danse la roumba…
<suroit> Heureusement, je suis chanceux, il traîne son ancre...
<suroit> Donc, il a la proue dans le vent... et ça me donne quelques secondes pour réagir.  Vous suivez ?
<cathou1> Héhé !  Si on suit…  si on suit…
<suroit> Mais il y a de la vague, beaucoup de vague…
<suroit> Je me fais baigner par les lames qui se déchaînent...
<cathou1> Merde ce que t’es beau, suroit, accroché à ton rocher, tout mouillé et prêt à bondir… comme un tigre! ! !
<cathou1> Alors ?
<suroit> Alors je me fais baigner par les lames qui se déchaînent, l’ai-je dit ? ...
<suroit> Mais le drame, celui qu’on n’attendait pas, qu’on n’attend jamais, toujours le même…
<talut> Oui, suroit ?
<suroit> …au moment de prendre mon courage à deux mains...
<suroit> ... me donner l’élan nécessaire afin de bondir à bord...
<cathou1> Les lames…( ? ? ?)
<cathou1> …ou l'eau…( ! ! !)
<suroit> (......)
<suroit> (???)(.....
<talut> Non.  Pas vrai !
<suroit> Oui, Madame.  Mon braillet...
<suroit> .....
<suroit> ..
<suroit> .
<suroit> Et oui...
<cathou1> Hein !
<suroit> Mais oui, mon braillet...   Et derrière, pas très loin, un petit rire : hihihihi !   Hihihihhi !…
<talut> Wouais !
<suroit> Vouais ! ...
<cathou1> Ayoye !
<suroit>  Je retiens mon élan.  Je me détourne.  Me vire de bord, scrute les alentours…
<cathou !> D’où vient ce hihihihihi ! ?
<talut> Qui ose rire ? ! !
<suroit> Alors suivez le mouvement.  Donc, j'avais pris mon courage à deux mains, vous disais-je…
<cathou1> Tu devrais écrire un livre, toi.
<suroit> Alors je le lâche... (mon courage)
<suroit> ...Pour saisir mon braillet qui est tombé...
<cathou> Ahaha !
<suroit> Mais pendant que je remonte mon braillet...
<cathou1> Ouais ?
<cathou1> Allez…
<suroit>  J’aperçois dans une fenêtre du chalet voisin…
<cathou1> Allez…
<suroit> …une vieille madame, entre autres, car y en avait d’autres, qui faisait hihihihihi...
<suroit> Donc je remonte le tout...
<cathou1> Hihihihihi !
<suroit> …mon courage du même coup en même temps que mon braillet...
<suroit> … et je bondis à bord...
<suroit> Je starte le moteur au pc.
<suroit> J'embraye d’avant...
<cathou1> et tu files en vitesse te coucher…
<suroit> Pas si vite, la petite.
<cathou1> hahahha
<suroit> Non.  Car le maudit braillet ...
<talut> … encore à terre…
<suroit> Mais, ah ! ah ! je suis embrayé...
*** Diceman (Merlin@XP11-2-5-04.interlinx.qc.ca) has joined #amitier
<suroit> J'entends hhihihihihi encore...
<talut> ... ce n'est pas moi…
<suroit> Mais le Nordet fonce dans la vague traîtresse...
<suroit> Je réussis à remonter l'ancre tant bien que mal...
<cathou1> Et…
<suroit> Malgré le maudit braillet qui me ligote le bas des jambes….
<suroit> Qu’à cela ne tienne...
<cathou1> Oui… ?
*** eppy (mnet1@45-069.dr.cgocable.ca) has joined #amitier
<suroit> ... je le garoche au bout de mes pieds...
*** eppy (mnet1@45-069.dr.cgocable.ca) has left #amitier
<suroit> Tant pis pour ma dignité, me voici nu comme un ver à fouetter mon cheval des mers...
<suroit> … pour fuir le lieu maudit !
<suroit> Et je suis là, bien vivant... bien habillé...
<cathou1> Ouf !
<suroit> … à vous raconter un beau conte de la Pointe Taillon, dite la Pipe.
<suroit> Mais c'est une histoire vraie, je vous assure.
<suroit> Le braillet en moins...
<talut> Quoi, les vers ?
<suroit> On a droit à ses petites fantaisies...
<cathou1> héhéhéhé
<suroit> Ça crée le suspense...
<suroit> Ça ajoute l'épice à la sauce, non?
<cathou1> hihihihihi
 
 

Suroit 1997