ans de gros nuages vaporeux et dans un ciel bleu éclatant nous vîmes au loin s’approcher un dragon aux écailles vertes émeraudes.  Ses grandes ailes magnifiques s’ouvrent avec une souplesse telle que les oiseaux en seraient jaloux.  Sa queue énorme lui sert de gouvernail.  Sur son dos est assis un drôle de navigateur portant sur sa tête un chapeau plat rouge et une belle plume bleue royale qu’il retient avec difficulté.  Il porte de gros souliers de couleurs et sur son visage on peut distinguer facilement un grand nez rouge.  Ce sont nos deux aventuriers en route vers une périlleuse mission.

         asimir et Diblo survolent la forêt des Gobetous. Ce sont d’étranges créatures qui mangent tout ou presque sur leur passage.  Ils vivent en communauté dans les arbres, plus directement sous les racines.  Ils aiment concocter des nectars aromatisés aux bleuets, aux framboises et aux fraises des champs à l’aide de la sève des pins et des érables. Leurs mets favoris sont les champignons Dalmatiens, parce qu’ils sont blancs et recouverts de pustules noires.  Surtout, il ne faut jamais s’approcher d’eux sans avoir eu d’invitation spéciale, car ils n’aiment pas voir n’importe qui ou n’importe quoi flâner dans leur boisé.  Ils peuvent devenir très irritables si on les fixe dans les yeux.  Mais, nos deux aventuriers n’ont pas oublié leur mission, celle de retrouver tous les dragons, ainsi que la famille de ce dernier.  « La fée Morille nous a donné ce talisman magique et je ne sais rien de son utilité! Nom d’une dent de dragon ! Nous pourrions descendre et poser quelques questions aux Gobetous ! Ils pourraient être au courant, voire même savoir des choses qu’on ignore sur les dragons. Qu’en penses-tu Diblo ?»  Diblo fait signe que oui et commence à amorcer la descente, et tout en descendant, il se pose des questions sur l’apparence des Gobetous. Casimir voyant Diblo songeur et perdu dans ses pensées, le rassure. «Ne t’en fais donc pas Diblo, ils ne mangent pas de grosses poules comme toi.  De toute façon, les écailles de dragon ne sont pas leur spécialité !»  Casimir rit pour se moquer de Diblo et il reprend : «Je suppose que tu n’as jamais vu de Gobetous ?» Sur ces mots, Diblo s’emporte et dit : «Des Gobetoooooouus !!!» Diblo presse l’envolé et pique du nez. «Diblo, ne va pas trop vite, j’ai mal au cœur !» Casimir, s’accrochant de toutes ses forces sur sa monture, voit passer des nuages et les perce par la force de l’impact. S’approchant à vive allure vers la terre ferme, Casimir lui dit : «La prochaine fois que tu auras un excès de peur, voudrais-tu avoir l’amabilité de m’aviser, un peu plus je perdais mon chapeau, et je n’aime pas piquer du nez !»  Diblo lui dit qu’il ne recommencera plus. S’enfonçant dans les bois, ils entendirent une étrange musique qui venait de l’autre côté de la rivière.  Nos deux amis s’abreuvèrent de cette jolie eau. «À propos des Gobetous ! » dit sèchement Diblo, « est-ce qu’ils ont une apparence horrible ?» «Oh ! Non, pas du tout, ils…»  Diblo lui coupe la parole : «Est-ce qu’ils sont de petite taille ?» «Oui !» «Portent-ils des souliers faites d’écorces d’arbres ?» «Oui !» « Est-ce qu’ils ont de grandes oreilles pointues, un petit nez rond gros comme une cerise et une grande bouche avec des cheveux verts couverts d’un joli chapeau pointu beige et décoré de feuilles ?» «Oui ! mais dis-moi, comment  sais-tu toutes ces choses Diblo ? Tu n’étais jamais venu ici auparavant, nom d’une brindille mâchée !»  Diblo reculant tranquillement de biais à Casimir lui dit : «Parce qu’ils sont justes en face de moi, tête de noix!» Casimir se retourne et aperçoit une vingtaine de ces créatures. Malheureusement nos deux amis se font capturer par des boules dormeuses et tous les deux tombent sur le sol et s’endorment comme de gros ours. 

 

         orsque Casimir se réveille, il n’en croit pas ses yeux de voir Diblo allongé et essayant de faire quelques flammes avec peine et misère.  Et juste à côté de lui, pas plus haut que trois pommes, Casimir reconnait Truff qui donne des conseils pratiques pour que Diblo retrouve les propriétés de ses flammes.  Casimir dit : « Vous n’arriverez pas à en tirer grand chose, cher Truff, sage des Gobetous.  Voyez-vous, depuis que Diblo a perdu ses semblables, il n’arrive plus à contrôler ses flammes ».  Truff répond aussitôt : «C’est vrai Casimir, mais voyez-vous j’essayais de sortir le dragon en lui.  Il y a sûrement une autre explication que la perte de ses semblables !  En passant, avez-vous bien dormi Casimir ? Vous êtes chanceux que le groupe d’Herby ne vous ait pas lancé toutes les boules dormeuses, vous seriez encore là à ronfler comme un gros bébé ».  Truff rit! Casimir lui dit : « Est-ce que Diblo vous a expliqué notre venue dans la forêt interdite ? »  « Oui, il m’a tout expliqué et je peux vous aider dans vos recherches.  Voyez-vous chers amis, il y a de cela plusieurs années, un des messagers du château est venu nous demander par ordre du Merlin des boules dormeuses, et pas n’importe lesquelles, des boules dormeuses noires, qui sont d’une efficacité remarquable lorsqu’elles sont destinées aux plus grosses personnes telles que les dragons.  Elles fonctionnent comme un mécanisme à retardement.  Cela arrive aussitôt que la victime émet une chaleur plus haute que la normale. »  Casimir n’en revient pas.  Il se demande qui est ce mystérieux messager et quel était le but de ces boules noires.  Il réfléchit :  « Cela ne peut être Philippo, il est d’une serviabilité au château auprès de la reine Soirtimid.  Mais j’y pense, la lettre, le message, la missive qu’il nous a donnée…»  Diblo regarde Casimir avec un regard inquiétant :  «Crois-tu qu’il nous aurait inventé une histoire ?  Et si ce n’était pas vrai le message qu’il nous a remis, mais une façon de détourner notre attention pour gagner du temps ? »  « Truff ! » rétorqua Casimir,  «de quoi avait l’air ce messager ?»  «Et bien, il était habillé… en messager avec une cape bleue foncée et des souliers rouges. »  Casimir poursuivit : «Vous êtes certain que la commande était pour le Merlin du château ? » Truff répondit : «Il m’a dit que Rustiford en avait besoin ».  Casimir, étonné, dit : « C’est très étrange que Rustiford ne m’ait jamais parlé de ces boules dormeuses.  Truff, nous te remercions pour ton hospitalité, nous devons retourner au château pour questionner Rustiford et Philippo sur ces soi disant boules dormeuses.  Il ne nous reste qu’une semaine pour notre quête ».  Truff dit :  « Casimir, je vous conseille de rester, parce que la nuit va bientôt arriver. Vous dormirez tous les deux sous la belle étoile dans le jardin d’Herby. Nous vous apporterons des draps, cher Casimir.  Diblo, tu pourras essayer d’allumer un petit feu, si tu es capable ».  Truff quitte en riant.
 

         ès le lendemain, un soleil radieux réveille le peuple des Gobetous ainsi que nos deux amis.  Avant de quitter le village de ces créatures des forêts, voilà qu’arrive Truff le sage. « Entre ! aimable Gobetous », dit Casimir.   Aussitôt que celui-ci franchit la haie de fleurs du jardin d'Herby, Truff remarque le talisman magique déposé sur la petite table en forme de tronc d’arbre.  Truff dit :  « Casimir et Diblo, pourquoi vous ne m’avez pas parlé de ce talisman hier ? »  « Eeeeeeee », dit sèchement Casimir. « On ne voyait pas l’utilité de vous en parler ».  « Casimir ! » dit Truff, « il existe dans notre forêt un tronc d’arbre mort, et lorsque nous nous approchons, des choses étranges se passent.  Ce tronc est plus vieux que moi ! Et dans ce tronc, il y a au centre un trou de la même grosseur que celui de ton talisman.  Ce tronc est magique, puisqu’il nous aide à retrouver nos semblables. Lorsque nous allons à la recherche de nos champignons, même si la forêt est immense et que nous sommes petits, grâce à ce tronc magique, nous pouvons retrouver notre chemin.  Il nous donne la direction par un jet de lumière étoilé ».  « C’est fantastique ! » dit Casimir.  « Nous pourrions l’utiliser pour trouver des indices, peut-être même la direction pour retracer les dragons disparus ».  Diblo, ne  tenant plus en place, dit : « Vite ! Pas de temps à perdre.  Je veux…  Je veux retrouver mes parents ».   Reprenant leur baluchon, tous les trois quittèrent le village et ils se rendirent au tronc magique.   Ne manquez pas le prochain épisode des aventures de Casimir et Diblo dans les bois des Gobetous.  Vont-ils découvrir des indices… Ah ! Ça c’est une autre histoire.

      

    

     (à surveiller, la suite printemps 2004)
  
Cette histoire est une gracieuseté de votre ami Casimir.
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