Pointe des monts (détails sur certains naufrages)
EDITH EMILY (détails)
GEORGES SMITH(détails)

MAGOG (détails)

? - 1873 (détails)

EDITH EMILY

NOTES HISTORIQUES

Ce vapeur à hélice, SS Edith Emily, 230 pieds de long par 30 pieds de large par 19 pieds de haut, 1120 tonneaux, fut construit en 1871 à Hartlepool, Grande-Bretagne, par Backhouse & Dixon pour Wilkinson, Watt & Co.

Le 30 août 1872, durant une tempête modérée de vent d'Est accompagnée de forts courants, il s'échoua à deux milles et demi à l'Est du Phare de Pointe des monts alors qu'il était en route de Liverpool vers Montréal avec une cargaison générale. L'endroit est maintenant nommée "Anse Steamship", et le récif à proximité "Récif Steamship". À marée haute l'eau emplissait le navire entre les ponts mais la plus grande partie des marchandises put être sauvée.

De Québec, on nolisa le Conqueror de la Maison Fry, le Druid, et plusieurs goélettes avec des ouvriers et de l'équipement pour aller le renflouer si possible. Après un mois de travail ardu, il fut finalement dépouillé de ses agrès. C'est durant cette période que fut gravée une inscription sur un rocher vertical, juste en face sur la plage (voir la galerie de photo ci-dessous).

Le retour de l'équipage et des ouvriers, à Québec, s'est effectué en fin de septembre. Messieurs Coker et Dicks, deux inspecteurs qui sont revenus sur le Druid, recommandent qu'il soit complètement dépouillé et vendu.

C'est durant cette même tempête que l'Argo fit naufrage en bas des Îlets-Caribou, à quelques kilomètres au Nord.

Monsieur Firmin Comeau, un résident de Pointe des monts, fils de François-Zoël, nous raconta l'anecdote suivante:

"Son grand-père Alexandre (père de Napoléon-Alexandre) avait été nommé gardien de l'épave, et couchait dans une tente sur le bord de l'eau. Une soir, deux de ses garçons, François-Zoël et un autre, décidèrent qu'ils voulaient coucher sur l'épave. Leur père leur avait toujours dit que quand des rats quittent un bateau, c'est signe qu'il y a une avarie qui se prépare. Il est justement arrivé que cette journée-là un rat sauta du beaupré qui était du côté terre. Les deux gars ont donc décidé de ne pas coucher sur le bateau. Heureusement, car durant la nuit l'épave s'est effondrée."

Devant le Vieux phare de Pointe des monts, nous retrouvons, encore aujourd'hui, deux canons qui servaient pour avertir les capitaines par temps de visibilité restreinte. Ainsi, dans le "Fonds Edouard Déry" conservé à la Société historique de la Côte-Nord à Baie-Comeau, la note suivante fut relevée:

Le premier canon fut installé à l'automne 1867 et mis en marche le 1 ier avril 1868, détonation toutes les heures durant la brume et les tempêtes de neige du 1 ier avril au 15 décembre.

En 1879, on fixe le temps de tir à toutes les demi-heures et même tous les quarts d'heure.

Napoléon-Alexandre Comeau a écrit un article le 17 mars 1885 dans le "Quebec Chronicle" sur le canon de Pointe des monts qui n'est pas adéquat:

"Le moindre vent d'Est empêche les vaisseaux de percevoir le signal d'alarme à moins de cinq ou six milles. Ainsi le capitaine du SS Edith Emily n'aurait jamais entendu la détonation du canon à trois milles du phare où son navire s'est échoué en 1872 par une tempête modérée de vent d'Est. Le capitaine de la barque Nanna, échouée à Baie-Trinité en 1884, n'aurait pas non plus entendu le canon à six milles."

Comme les accidents ont surtout lieu à l'Est du phare et aux Îlets-Caribou, N.-A. Comeau suggère de transporter le canon à cet endroit. Il revient à la charge en 1889 dans le "Quebec Chronicle" et réclame ce déplacement ou l'installation d'un sifflet à vapeur.

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ÉTAT DU SITE EN 2002

Il s'agit d'un site qui s'ensable et se désable suivant les tempêtes. On n'y retrouve que quelques vieux morceaux du métal de la coque. Quelques coulées de ciment témoignent de l'effort déployée afin de colmater la brèche dans la coque afin de pouvoir le renflouer.

PLONGÉE SOUS-MARINE

C'est un site facile d'accès en face de la plage de sable de l'Anse Steamship. Une embarcation est nécessaire pour s'y rendre. Suivant les marées, la profondeur se situe entre trois et sept mètres. Cet endroit ne représente que très peu d'intérêt pour la plongée.

GALERIE DE PHOTOS

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GEORGES SMITH

NOTES HISTORIQUES

La Georges Smith était une goélette de Boston, à trois mâts. Le 16 novembre 1919, elle revenait de Québec où elle avait déchargé une cargaison de mélasse en provenance des Barbades. Elle se dirigeait vers Bridgewater en Nouvelle-Écosse avec un nouveau capitaine et une cargaison générale. À 5h du matin, dans une tempête de neige avec forts vents du Sud-Ouest, elle s'échoua dans la Petite anse St-Augustin à Pointe des monts.

Du 21 au 25 novembre, le remorqueur de sauvetage Lord Strathcona de la compagnie Quebec Salvage & Wrecking Co.se rendit à son secours, mais en vain. Elle fut déclarée perte totale. À peu près les seules pièces sauvées furent les mâts dont le démontage fut confié à un résident de Pointe des monts François-Zoël Comeau (dit Pierre).

Une partie de l'équipage qui s'était refugié au Phare fut conduit à Québec le 24 novembre à bord du Rouville, un vapeur du gouvernement qui passait par là. Il s'agit de Geo. S. Smith, Frank Silver, Isidore Perry, et Eugene Simpson. Le lendemain, le Lord Strathcona retournait à Québec avec le capitaine C. Chelin et deux officiers.

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ÉTAT DU SITE EN 2002

Cette épave s'est complètement démolie sur la plage où on retrouve encore des parties de la coque en bois (voir la galerie de photos ci-dessous). Il n'y a aucun vestige submergé.

GALERIE DE PHOTOS

Débris de l'épave du Georges Smith (Photo Équipe sous-marine Côte-Nord)

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Georges Smith échoué (Collection histoire régionale, SHCN)

MAGOG

NOTES HISTORIQUES

Le matin du 14 octobre 1944, l'assistant du gardien du phare de Pointe des monts, monsieur Robert Kavanagh, installé au sémaphore, échange des signaux d'identification avec les navires d'un gros convoi qui passe à trois milles au large du phare.

Avec ses jumelles, il entrevoit un sillage inhabituel, tel une ligne de stylo-bille, suivie d'une explosion. Il a juste le temps de voir un homme se faire projetter dans les airs. La frégate HMCS* Magog de la Marine royale Canadienne vient d'être touchée par une torpille. Trois personnes y perdent la vie. *His Majesty Canadian Ship

Cet événement s'est passé durant le seconde guerre mondiale au cours de la BATAILLE DU SAINT-LAURENT. Le Golfe du Saint-Laurent était alors infesté de sous-marins allemands.

Voici un texte tiré du livre de Henri-Paul Boudreau. Cette mer cruelle. Les Éditions nord-cotières.

Le 14 octobre 1944, le U-1223 (sous-marin allemand) du Kapitanleutnant Kneip est en attente à 5 milles de Pointe des monts lorsque soudainement apparaît la frégate H.M.C.S. Magog. Un avion Canso, présumément de la base de Sept-Îles, patrouille par temps couvert et bonne visibilité. À 09:25 heures locales le Magog zigzague sur le côté bâbord d'un convoi en direction Ouest.

Kneip attaque. Sa torpille Gnat déchire environ 60 pieds de la poupe du Magog. Une deuxième décharge frappe complètement à l'arrière. Trois marins sont tués instantanément soient Thomas Davis de Toronto, Gordon Eliot de Kingslea, Alberta et Kenneth Kelly de Arnprior, Ontario. L'officier Thomas Davis fut également tué.

Quelques minutes après la première explosion, une torpille explosa à environ 50 verges tribord du Magog. Le H.M.C.S. Toronto qui patrouille un mille en avant du Magog aperçoit un périscope et attaque immédiatement avec ses canons de 4 pouces. Il ne touche pas le sous-marin. Le H.M.C.S. Toronto dépêche alors son médecin, le lieutenant Léon Beique d'Outremont, Montréal; avec une chaloupe motorisée il se rend à bord du Magog pour soigner les blessés.

À trois milles de Pointe des monts, le Magog est mis hors de combat et est à la remorque du H.M.C.S. Toronto qui lance une autre chaloupe à la mer pour sauver trois marins qui furent littéralement projetés à la mer par l'impact. À la dernière minute il doit laisser la remorque pour éviter une torpille qui lui est destinée.

Un avion amphibie de type Canso de la base de Sept-Îles, amerrit près du Magog, embarque les blessés qui sont transportés à Mont-Joli et de là à Montréal à l'Institut de neurologie. Le Magog sera remorqué à Québec pour être vendu pour fer de rebuts après la guerre.

L'annonce officielle de la perte du Magog fut annoncée six mois après sa mise hors de combat.

AUTRES LIENS D'INTÉRÊT

Site anglophone Edison Stewart

GALERIE DE PHOTOS

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HMCS Magog (Source:ANC dans Cette mer cruelle)
NOM DU BATEAU INCONNU - ANNÉE 1873

NOTES HISTORIQUES

(Texte tiré du livre de Élioza Fafard-Lacasse. Légendes et récits. Côte-Nord du Saint-Laurent. Montréal, L'Éclaireur, 1937)

.. L'automne 1873 allait amener de tout autres visiteurs: quatre marins arrivent, hagards, au phare après que la goélette se soit perdue sur les rochers de la Pointe. Comme la navigation s'achève, les quatre hommes, François Levesque le capitaine, John Chevrier, un acadien, Binsay, un jeune anglais de Montréal, et John Davis, un noir qui s'occupait de la cuisine, doivent passer tout l'hiver dans la maison des naufragés. Pour la famille Fafard c'est une véritable aubaine car, le soir, au coin du feu, les hommes narrent leurs nombreuses aventures vécues aux quatre coins du monde et ces jasades se terminent toujours par une dégustation d'huîtres... la cargaison de leur navire perdu!

Nous n'avons pas d'autres détails quant au nom de cette goélette, et nous n'en avons pas encore localisé le site exacte.

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