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En septembre 94, une douzaine de plongeurs amateurs nord-côtiers s’unissaient afin de protéger leur riche patrimoine culturel submergé. C’est devant l’évidence du pillage et de la destruction de certaines épaves qu’une telle orientation fut choisie. Cette décision n’a toutefois pas été spontanée, elle est issue d’un cheminement de plusieurs décennies. Géographiquement, nous sommes localisés sur la rive nord du Golfe du Saint-Laurent au Canada. L’eau, quoique passablement froide à cause du courant du Labrador, est très riche en faune et flore variée. Tout est en place pour inciter à la plongée sous-marine, d'autant plus que de nombreux naufrages sont repertoriés sur toute la Côte. Depuis maintenant une soixantaine d’années, la technologie moderne a permis à l’homme d’explorer les fonds marins à l’aide d’équipements autonomes. Ainsi, plusieurs n’ont pas tardé à s’improviser "chasseurs de trésors" dans l’espoir de faire fortune. Ce ne fut qu’un rêve pour la grande majorité, et la plupart ont dû se convertir en collectionneurs de souvenirs submergés détruisant à tout jamais, par leur pillage systématique, des sites historiques très riches "archéologiquement parlant". Dans les années 70, l’Équipe sous-marine Côte-Nord, avait tenté une première démarche de sauvetage en préconisant la préservation et la mise en valeur des artéfacts récupérés par ses membres avant qu’ils ne disparaissent vers d’autres provinces ou pays. Les objectifs étaient certes nobles, mais le respect des grands principes de l’archéologie était laissé pour compte. Et plus est, à l’époque, les archéologues professionnels étaient peu ouverts à partager leurs connaissances avec les plongeurs "amateurs". Les années ont passé et l’Équipe a entamé une phase de déclin, mais de nouveaux adeptes de la recherche d’épaves se sont ajoutés, indépendamment ou conjointement à l’esprit de l’Équipe. Au cours des ans, plusieurs nouvelles découvertes se sont additionnées aux premières répertoriées par ce groupe. En 1991, à Sept-Iles, la découverte par des plongeurs amateurs, d’un site historique submergé, l’épave du Corossol, allait déclencher un nouveau partenariat. En effet afin d’en éviter le pillage, les archéologues subaquatiques de Parcs Canada ont effectué une première reconnaissance confirmant la valeur archéologique importante des lieux. Des ententes de collaborations entre amateurs et professionnels prenaient enfin place, et l’avenir s’annonçait prometteur : Sous la lancée de cette expérience positive, le bureau régional du Ministère de la culture et des communications du Québec s’est donné comme mandat d’expliquer aux plongeurs du territoire les raisons de s’associer à la préservation des sites. C’est ainsi, qu’en septembre 94, le groupe de Baie-Comeau accueillait comme conférencier, Marc-André Bernier, un archéologue subaquatique de Parcs Canada. Les échanges furent bien nourris. Il y fut question des grands principes archéologiques et de la mise en valeur des sites. Dans les semaines qui ont suivi, le Groupe de préservation des vestiges subaquatiques de Manicouagan était mis sur pied et se donnait des buts et objectifs très clairs. Alors que nous avions entamé les démarches d’incorporation, de définition de notre code d’éthique et de nos règlements généraux, et que nous recrutions nos premiers membres, notre vice-président, faisait une découverte qui allait justifier et accélérer notre implication. Il s’agissait de l’épave d’un vaisseau de la flotte de Phips vieille de 300 ans. C’était en décembre 94. Les 3 années suivantes ont permis au Groupe de vivre un partenariat à part entière dans le projet de fouilles après avoir suivi la formation N.A.S. (National archaeologic Society) pour plongeurs amateurs. Nos activités, dorénavant de plus en plus diversifiées sont accessibles à différentes catégories de membres qu’ils soient plongeurs ou qu’ils aient comme nous tous un intérêt immense pour la richesse historique que représente la découverte des navires qui se sont jadis échoués sur les fonds marins de la Côte-Nord.
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